Passer de salarié à indépendant | Stratégies, aides et statuts

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Comment passer de salarié à indépendant en toute sécurité ?

Résumé de l’article :

  • L’analyse du pour et du contre : prenez le temps de peser le pour et le contre du statut de salarié et de celui de freelance avant toute décision.
  • L’aménagement du poste : demandez à votre employeur un congé pour création d’entreprise ou un temps partiel pour une transition en douceur.
  • La fin de l’emploi : pensez à une rupture de votre CDI éligible au chômage pour plus de sécurité financière.
  • La formation : formez-vous à la gestion et à la création d’entreprise pour être prêt avant votre lancement.
  • Le statut juridique : choisissez le statut juridique le plus sécurisant et le plus adapté à votre situation.
  • Le portage salarial : conservez les avantages du salariat tout en profitant de la liberté du travailleur indépendant.

Envie de passer de salarié à indépendant mais la peur de l’insécurité vous freine ? Quitter un emploi stable pour se lancer dans l’entrepreneuriat comporte des risques financiers. Selon une étude de Statista, près de 57 % de cadres n’osent pas se lancer en raison de l’absence de revenu garanti. Sécuriser votre transition vers un travail indépendant s’avère donc nécessaire. C’est pourquoi, Weepo vous livre la méthode à suivre pour passer de salarié à auto-entrepreneur en minimisant les risques. De la manière de quitter un CDI intelligemment, au portage salarial pour devenir indépendant tout en restant salarié, misez sur une transition d’employé à freelance fortement sécurisée.

Commencer par peser le pour et le contre

Avant de songer à passer de salarié à indépendant, commencez par comparer les deux situations afin de peser le pour et le contre de chaque statut. En tant que salarié, vous avez l’avantage de la sécurité financière grâce à votre salaire mensuel versé systématiquement à la même date. En tant qu’indépendant, vos revenus dépendent directement de votre implication et de votre investissement dans votre activité et peuvent donc fluctuer selon les périodes.

Pour vous aider à vous orienter, parcourez le tableau comparatif de la situation financière salarié/freelance :

CritèresSalariéFreelance / Indépendant
RevenusSalaire mensuel fixeRevenus variables selon l’implication et l’investissement
Régularité des revenusSécurité financière chaque mois, salaire versé à date fixeAbsence de garantie de revenus réguliers
Avantages en natureAvantages possibles (téléphone, voiture, etc.)Aucun avantage en nature fourni
Congés5 semaines de congés payésPas de congés payés
Protection socialeAffiliation à la Sécurité sociale avec bonne couvertureAffiliation à la SSI avec couverture sociale limitée
SantéComplémentaire santé souvent prise en charge par l’employeurNécessité de souscrire une complémentaire santé privée

Demander un congé pour création d’entreprise

Selon les articles L3142-105 à L3142-116 du Code du travail, le salarié peut bénéficier d’un congé afin de créer ou reprendre une entreprise. Il s’agit d’une solution intéressante si vous ne souhaitez pas mettre un terme à votre contrat de travail dans l’immédiat. Pour bénéficier d’un congé pour création ou reprise d’entreprise, vous devez justifier de 24 mois d’ancienneté (consécutifs ou non) dans l’entreprise et la durée maximale du congé doit être fixée par convention ou accord collectif. A défaut de convention, la durée maximale est fixée à un an, avec possibilité d’une année supplémentaire renouvelable. Pour demander un congé pour création d’entreprise, vous devez suivre la procédure suivante :

  1. Formuler votre demande par écrit (par mail ou par courrier) à votre employeur au moins deux mois avant la date prévue pour le départ en congé.
  2. Indiquez à votre employeur la date de congé envisagée pour créer votre entreprise.
  3. Spécifiez la nature de l’activité que vous souhaitez exercer à votre employeur.

A l’issue de la procédure, l’employeur peut soit vous accorder le congé, refuser ou reporter la date de départ.

💡Bon à savoir : en cas de refus de votre demande de congé pour création d’entreprise, vous pouvez envisager de passer à temps partiel pour consacrer plus de temps à votre projet. La seule condition est de justifier de 24 mois d’ancienneté dans l’entreprise ou d’autres entreprises du groupe.

Privilégier une rupture de CDI éligible au chômage

La rupture conventionnelle

La rupture conventionnelle désigne un mode de rupture d’un contrat à durée indéterminée résultant d’un commun accord entre l’employeur et le salarié. La rupture n’est imposée par aucune des deux parties. Toutefois, la rupture conventionnelle nécessite une procédure particulière incluant la rédaction d’une convention de rupture et un calendrier précis à respecter par les deux parties. Elle entraîne le paiement d’une indemnité de rupture conventionnelle par l’employeur au salarié. De ce fait, elle ouvre droit aux allocations chômage pour le salarié souhaitant créer son entreprise à la fin du contrat.

Le licenciement

Selon le Code du travail, “Ont droit à l’ARE les salariés dont la perte d’emploi est involontaire. Remplissent cette condition les salariés dont la perte d’emploi résulte (notamment) : d’un licenciement (...).” (Décret n° 2019-797 du 26 juillet 2019 relatif au régime d’assurance chômage).”

En ce sens, le licenciement constitue donc une perte involontaire d’emploi peu importe le motif. Le salarié licencié est donc éligible à l’indemnisation chômage, ce qui représente une excellente opportunité pour le demandeur d’emploi qui souhaite créer une entreprise et bénéficier de l’allocation de retour à l’emploi (ARE).

La démission pour motif légitime

Si elle est considérée comme légitime, la démission donne droit à une indemnisation chômage. Parmi les cas de démission légitime, on recense :

  • Le changement de lieu de résidence du conjoint ;
  • Le cas du salarié victime de violences conjugales imposant un changement de résidence ;
  • La démission d’un nouveau contrat avant 65 jours travaillés, après une fin de CDD, un licenciement ou une rupture conventionnelle ;
  • La démission après trois ans d’affiliation continue, lorsqu’un CDI est rompu par l’employeur dans les 65 premiers jours travaillés ;
  • L’échec dans la création ou la reprise d’une entreprise ;
  • Le salaire non versé par l’employeur malgré une décision de justice ;
  • Le cas du salarié victime d’un acte délictueux dans le cadre de son contrat de travail.

Se former à l’entrepreneuriat

Pour assurer une transition de salarié à freelance efficace, pensez à vous former avant de vous lancer. Pour ce faire, voici les types de formations à envisager :

  • Comptabilité et gestion financière : pour apprendre à gérer les finances de votre entreprise et votre trésorerie.
  • Gestion de projet : pour planifier et gérer vos projets efficacement.
  • Gestion commerciale et marketing : pour apprendre à vendre et promouvoir vos services et trouver des clients.
  • Réglementation : pour connaître vos obligations administratives, juridiques et faire le bon choix du régime social/fiscal…

Pour compléter vos formations, vous pouvez envisager de rejoindre des organisations professionnelles ou des communautés d’entrepreneurs pour obtenir des conseils, plus d’informations et des opportunités disponibles. Renseignez-vous auprès de votre CCI.

Faire appel à des aides monétaires

Pour sécuriser votre projet, vous pouvez faire appel à des aides financières proposées par l’Etat. Parmi ces aides, on retrouve le prêt d’honneur pour la création d’entreprise : il ne comporte ni intérêts ni garantie et permet de financer vos frais liés à la création de votre entreprise.

Le fonds de formation professionnelle (CPF) vous permet d’utiliser vos droits à la formation disponibles sur votre compte CPF pour financer votre formation à l’entrepreneuriat.

Renseignez-vous par ailleurs auprès de votre région ou de votre mairie pour faire le point sur les aides régionales disponibles pour les freelances souhaitant investir dans une formation à l’entrepreneuriat.

Bien choisir son statut juridique

Le choix du statut juridique adapté à votre situation permet d’entreprendre sereinement. Selon les statuts, vous avez la possibilité de protéger votre patrimoine personnel, opter pour un régime fiscal ou social plus avantageux ou démarrer votre activité avec des formalités moins contraignantes

Pour vous aider à choisir le meilleur statut juridique, voici un tableau comparatif des statuts couramment choisis par les solopreneurs :

CritèresMicro-entrepriseEntreprise Individuelle (EI)SASU
Démarches de créationTrès simplifiées (dépôt en ligne sur le guichet unique)Plus d’options que la micro-entrepriseLongues et complexes
Cotisations socialesCalculées sur le chiffre d’affaires (CA = 0 => pas de cotisations)Selon le résultatSelon la rémunération du dirigeant
FiscalitéPossibilité du prélèvement libératoireImposition sur le bénéficeImposition à l’IS (par défaut)
Obligations comptablesAucune comptabilité obligatoireObligations comptables (liasse fiscale, AGA…)Comptabilité obligatoire
TVAFranchise en base de TVASoumise à la TVASoumise à la TVA
ResponsabilitéIllimitéeLimitée depuis la réforme de 2022Limitée – patrimoine personnel protégé
Plafonds de chiffre d’affairesOuiNonNon
Souplesse et évolutionFaibleMoyenneÉlevée (structure souple et évolutive)

Opter pour le portage salarial

Pour passer de salarié à freelance tout en minimisant les risques, pensez au portage salarial. Ce modèle vous permet de bénéficier du statut salarié tout en restant indépendant dans votre activité. Il est basé sur le fonctionnement suivant : vous êtes salarié porté d’une société de portage qui se charge de toute votre gestion administrative pendant que vous vous consacrez uniquement à votre coeur de mission. Comme un salarié classique, vous êtes couvert par la Sécurité sociale, cotisez pour l’assurance chômage, votre retraite… La société de portage vous verse chaque mois vos honoraires sous forme de salaire. Vous avez donc la garantie d’être payé même en l’absence de mission ou d’impayés. Le portage salarial, c’est l’équilibre juste entre indépendance, sécurité et liberté.

💡Bon à savoir : faites appel à notre société de portage salarial Weepo et son modèle triple T, Transparence, Technologie et Tranquillité pour profiter de l’avantage de l’indépendance avec tout le confort du salariat !

Travailler sa posture de freelance

Pour maximiser vos chances, vous devez affirmer clairement votre transition d’employé à freelance :

  • Adopter une posture d’indépendant : vous devez adapter un positionnement clair sur votre offre de services pour vous présenter à vos clients et décrocher des missions.
  • Miser sur les plateformes de relation : appuyez-vous sur votre expérience professionnelle en tant que salarié pour trouver rapidement vos premiers clients à travers ces plateformes.
  • Adapter votre mode de fonctionnement : en tant que freelance, vous devez adosser plusieurs casquettes, dont celle du chef d’entreprise, ce qui implique de bien gérer et organiser son temps.

📌Exemple d’outil de gestion de la productivité pour freelance :
Pour gérer votre quotidien d’indépendant en toute simplicité, pensez à Google Workspace et sa suite complète d’applications connectées pour booster votre productivité.

Ce qu’il faut retenir

Vous avez à présent le mode d’emploi pour passer de salarié à indépendant en toute sérénité. Voici l’essentiel à retenir :

  1. Commencez par peser le pour et le contre de votre statut actuel de salarié à celui de l’indépendant avant de vous lancer.
  2. Pensez à demander un congé pour création d’entreprise à votre employeur ou envisagez de passer à temps partiel pour consacrer du temps à votre projet sans quitter votre emploi.
  3. Privilégiez la rupture conventionnelle de votre CDI, le licenciement ou la démission pour motif légitime pour bénéficier du chômage le temps de percevoir votre premier chiffre d’affaires.
  4. Formez-vous à l’entrepreneuriat pour apprendre à bien piloter une entreprise et maximiser vos chances de réussir votre transition.
  5. Faites financer votre projet grâce à des aides monétaires de l’Etat comme le prêt d’honneur ou votre compte personnel de formation (CPF).
  6. Prenez soin de bien choisir votre statut juridique pour sécuriser votre démarrage entre la micro-entreprise, l’entreprise individuelle ou la SASU.
  7. Optez pour le portage salarial pour continuer à profiter des bénéfices du statut de salarié tout en étant indépendant.

En complément, consultez notre article tester son idée d’entreprise pour une transition réussie.

Questions fréquentes (FAQ)

Quels sont les avantages à être indépendant ?

Les avantages à être indépendant résident essentiellement dans la liberté de choisir ses propres missions, constituer sa propre offre de services et travailler avec des clients alignés avec ses valeurs.

Est-il plus intéressant d’être salarié ou indépendant ?

Etre salarié peut être plus avantageux car il permet de s’assurer d’un revenu automatique chaque mois et de profiter d’une meilleure couverture sociale. Le travailleur indépendant, en revanche, peut voir ses revenus fluctuer, profite d’une couverture sociale minimale mais bénéficie de plus de liberté.

Comment quitter un CDI intelligemment ?

Pour quitter un CDI intelligemment, privilégiez un mode de rupture vous permettant de bénéficier des allocations chômage et expliquez les raisons de votre départ à votre patron pour vous séparer en bons termes et laisser une image positive de vous-même.

Photo de profil de Lina MOREL

Responsable Marketing & Communication chez Weepo, je suis passionnée par l'animation du réseau et l'accompagnement de nos consultants. J'organise des événements parisiens et accompagne nos équipes régionales pour créer des moments d'échange enrichissants dans l'écosystème du portage salarial.