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Livre blanc · Étude propriétaire

Baromètre du portage salarial Cinq ans de données Weepo. Cinq sources indépendantes. Un portrait chiffré du salarié porté français.

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SASU ou auto-entrepreneur : quel statut choisir en 2026 ?

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Léa conçoit des identités visuelles pour des marques de cosmétique depuis trois ans. Elle vient de signer un contrat à 45 000 euros par an avec un nouveau client, et sa micro-entreprise commence à craquer aux coutures. Elle se pose la question que beaucoup de freelances se posent tôt ou tard : SASU ou auto-entrepreneur, quel statut choisir ? En 2026, le choix dépend surtout du chiffre d'affaires visé sur les douze prochains mois, du niveau de protection sociale recherché en cas de coup dur, et de la charge administrative que vous êtes réellement prêt à assumer au quotidien. L'auto-entreprise séduit par sa simplicité, la SASU par sa capacité à encaisser davantage sans pénaliser le dirigeant.

Auto-entrepreneur : le régime le plus simple pour démarrer

Le statut d'auto-entrepreneur (ou micro-entreprise) permet de facturer immédiatement, sans capital social ni comptabilité complexe, moyennant un plafond de chiffre d'affaires annuel. Pas de création de société au greffe, pas de statuts à rédiger, pas d'expert-comptable obligatoire. Une simple déclaration en ligne suffit pour obtenir un numéro SIRET, généralement sous quinze jours.

Le revers de la médaille ? Un plafond. Pour 2026, le seuil de chiffre d'affaires en prestations de services (BIC ou BNC) s'établit à 83 600 euros par an, contre 188 700 euros pour les activités de vente de marchandises. Au-delà, deux années consécutives de dépassement font basculer automatiquement vers un régime réel d'imposition. Les cotisations sociales, elles, restent proportionnelles au chiffre d'affaires encaissé : autour de 21,2 % pour une activité commerciale ou artisanale, 25,6 % pour une activité libérale relevant du régime général, 23,2 % pour une profession libérale réglementée affiliée à la CIPAV.

Concrètement, Léa facture ses missions, encaisse, paie ses charges sur ce qu'elle a réellement perçu. Simple. Mais si son chiffre d'affaires grimpe encore, chaque euro gagné au-delà du plafond devient un problème administratif plutôt qu'une bonne nouvelle.

SASU : la structure qui absorbe la croissance

La SASU (société par actions simplifiée unipersonnelle) n'impose aucun plafond de chiffre d'affaires et permet au dirigeant d'être assimilé salarié, avec une couverture sociale proche de celle d'un employé classique. Elle demande en contrepartie une immatriculation au registre du commerce, des statuts rédigés (souvent avec l'aide d'un professionnel), et une comptabilité en partie double tenue à jour toute l'année. Pour le détail de la création et de la gestion au quotidien, notre guide complet sur la SASU couvre chaque étape.

Le président de SASU cotise au régime général de la Sécurité sociale via l'URSSAF, ce qui ouvre droit à une retraite et une assurance maladie comparables à celles d'un salarié classique. Il ne cotise en revanche pas à l'assurance chômage, sauf à souscrire une garantie privée. Autre nuance : les cotisations sociales ne portent que sur la rémunération effectivement versée, pas sur le chiffre d'affaires total. Un dirigeant qui se verse un petit salaire et laisse le reste en trésorerie dans la société paie donc moins de charges sociales immédiates, quitte à se distribuer des dividendes ensuite (fiscalisés différemment, via la flat tax notamment).

Pour Léa, passer en SASU signifierait pouvoir facturer 80 000, 120 000 ou 200 000 euros sans se soucier d'un plafond, tout en gardant une protection sociale robuste. Le prix à payer : une gestion plus lourde, et souvent le recours à un expert-comptable, ce qui représente une charge fixe mensuelle.

Fiscalité : deux logiques très différentes

En micro-entreprise, l'imposition suit soit le barème progressif de l'impôt sur le revenu après abattement forfaitaire, soit le versement libératoire si les conditions de revenu fiscal de référence sont remplies ; en SASU, la société paie l'impôt sur les sociétés, et le dirigeant n'est imposé personnellement que sur ce qu'il perçoit. Cette différence change tout dans la façon de piloter ses revenus.

L'auto-entrepreneur ne peut déduire aucune charge réelle : ni matériel, ni déplacement, ni sous-traitance. L'administration applique un abattement forfaitaire censé représenter ces frais (34 % pour une activité libérale, par exemple), qu'ils soient réels ou non. À l'inverse, la SASU permet de déduire l'intégralité des charges professionnelles justifiées avant de calculer l'impôt sur les sociétés : ordinateur, logiciels, loyer d'un espace de coworking, frais de déplacement chez les clients. Pour une activité à fort volume de charges, cette mécanique change radicalement le résultat net.

Protection sociale et couverture en cas de coup dur

Le président de SASU assimilé salarié bénéficie d'une couverture maladie, maternité et retraite alignée sur le régime général, alors que l'auto-entrepreneur relève de la sécurité sociale des indépendants avec des indemnités journalières souvent plus faibles et des règles de calcul spécifiques.

Un exemple parle mieux qu'une explication théorique. Un développeur freelance qui se casse une jambe en ski se retrouve, en auto-entreprise, avec des indemnités journalières calculées sur son revenu déclaré des trois dernières années, avec des délais de carence parfois longs. En SASU, s'il se verse un salaire régulier, il touche des indemnités journalières de la Sécurité sociale classique, potentiellement complétées par une prévoyance d'entreprise. Ni l'un ni l'autre ne cotise à l'assurance chômage par défaut, ce qui reste un angle mort commun aux deux statuts pour qui n'anticipe pas de garantie privée.

Et si le vrai bon choix n'était ni l'un ni l'autre ?

Le portage salarial offre une troisième voie pour les freelances qui veulent une couverture sociale complète de salarié sans gérer ni plafond de chiffre d'affaires ni comptabilité de société. Le consultant porté facture ses missions via la société de portage, qui reverse un salaire après déduction des cotisations sociales et de frais de gestion, généralement entre 5 et 10 % du chiffre d'affaires facturé.

Ce statut hybride convainc particulièrement les profils en transition (salariés qui testent une activité indépendante avant de se lancer pleinement) ou les consultants qui facturent des montants élevés sans vouloir gérer une société. Comparé à la SASU, il évite la création d'une structure juridique et la comptabilité qui va avec. Comparé à l'auto-entreprise, il supprime le plafond de chiffre d'affaires tout en offrant une couverture chômage, un vrai bulletin de salaire et des cotisations retraite calculées comme pour un salarié classique. Notre comparatif portage salarial vs micro-entreprise détaille les chiffres pour trancher selon votre chiffre d'affaires.

Critère Auto-entrepreneur SASU Portage salarial
Plafond de chiffre d'affaires 83 600 € (services, 2026) Aucun Aucun
Création de structure Non, déclaration simple Oui, statuts et immatriculation Non, contrat avec la société de portage
Comptabilité Livre de recettes simplifié Comptabilité complète obligatoire Gérée par la société de portage
Protection sociale Sécurité sociale des indépendants Régime général (assimilé salarié) Régime général (salarié)
Assurance chômage Non Non, sauf garantie privée Oui, sous conditions
Déduction des charges réelles Non (abattement forfaitaire) Oui, intégrale Oui, frais professionnels

Pour aller plus loin sur les règles de calcul et de cotisation, l'URSSAF auto-entrepreneur publie chaque année les plafonds et taux actualisés, tandis que service-public.fr détaille les démarches de création pour chaque statut. Les statuts juridiques de la SASU, eux, sont encadrés par le Code de commerce sur Légifrance.

Comment trancher selon votre situation

Le choix entre SASU et auto-entrepreneur dépend d'abord du chiffre d'affaires anticipé sur les douze prochains mois : en dessous de 60 000 euros avec peu de charges, l'auto-entreprise reste souvent plus rentable ; au-delà, ou avec des charges professionnelles élevées, la SASU ou le portage salarial deviennent plus avantageux.

Trois questions permettent d'y voir plus clair. Combien allez-vous facturer cette année, et l'an prochain ? Avez-vous des charges réelles importantes (matériel, sous-traitance, déplacements) que l'abattement forfaitaire ne couvre pas ? Voulez-vous une protection sociale de niveau salarié, quitte à accepter une gestion plus lourde ou déléguée ? Selon les réponses, le meilleur statut n'est pas toujours celui qu'on avait en tête au départ, et notre guide pour choisir son statut professionnel passe en revue l'ensemble des options, salarié, freelance, portage ou SASU. En 2025, les micro-entrepreneurs ont représenté 65 % des créations d'entreprises en France, avec 758 600 immatriculations sur l'année, un record selon l'INSEE. Beaucoup de ces indépendants finiront par changer de statut en cours de route, une fois leur activité stabilisée.

Questions fréquentes

Quel est le meilleur statut pour payer moins de charges ?

Cela dépend du chiffre d'affaires et des charges réelles. En dessous de 60 000 euros annuels avec peu de frais professionnels, l'auto-entreprise reste généralement moins coûteuse. Au-delà, ou avec des charges importantes à déduire, la SASU ou le portage salarial permettent souvent d'optimiser davantage, notamment en jouant sur la part salaire et dividendes en SASU.

Quel est l'intérêt de créer une SASU plutôt qu'une micro-entreprise ?

La SASU supprime le plafond de chiffre d'affaires, permet de déduire les charges réelles, et offre une couverture sociale de salarié classique. Elle facilite aussi la levée de fonds ou l'entrée d'investisseurs, ce qui est impossible avec une micro-entreprise.

Quels sont les inconvénients d'une SASU par rapport à l'auto-entreprise ?

La création demande des démarches plus longues, une comptabilité complète toute l'année, et souvent les honoraires d'un expert-comptable. Le président de SASU ne cotise pas non plus à l'assurance chômage par défaut, contrairement à un salarié classique.

Quel est le coût mensuel moyen d'une SASU ?

Entre les frais de comptabilité (souvent 100 à 250 euros par mois selon le volume d'activité), les cotisations sociales sur la rémunération versée, et d'éventuels frais bancaires professionnels, le coût de fonctionnement d'une SASU dépasse rarement 300 euros mensuels pour une activité de conseil ou de freelance classique, hors rémunération du dirigeant.

Peut-on cumuler auto-entreprise et portage salarial ?

Oui, dans certaines limites. Un consultant peut facturer certaines missions en auto-entreprise et d'autres, notamment les plus importantes, via une société de portage salarial, à condition de bien séparer les activités et les clients pour éviter toute confusion administrative ou fiscale.

Ce qu'il faut retenir

  • L'auto-entreprise convient aux activités sous 83 600 euros de chiffre d'affaires annuel (services, 2026) avec peu de charges à déduire.
  • La SASU supprime le plafond et permet de déduire les charges réelles, au prix d'une gestion plus lourde.
  • Le président de SASU bénéficie d'une protection sociale proche du régime général, contrairement à l'auto-entrepreneur.
  • Le portage salarial combine l'absence de plafond avec une couverture sociale de salarié, sans création de société.
  • Le bon choix dépend du chiffre d'affaires visé, des charges réelles et du niveau de protection sociale recherché.

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Photo de profil de Lina MOREL

Responsable Marketing & Communication chez Weepo, je suis passionnée par l'animation du réseau et l'accompagnement de nos consultants. J'organise des événements parisiens et accompagne nos équipes régionales pour créer des moments d'échange enrichissants dans l'écosystème du portage salarial.

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