
Slasheur : définition, statut et cumul d'activités 2026
Slasheur : la définition de ce profil qui cumule plusieurs activités, les règles de cumul d'emplois et comment sécuriser ses revenus en portage salarial.
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Léa dirige une SASU de conseil en transformation digitale depuis trois ans. Un soir, son comptable l'appelle : la carte bancaire de l'entreprise a réglé des vacances en famille, deux fois ce trimestre. « Ce n'est pas si grave, c'est mon entreprise après tout », pense-t-elle. Elle a tort, et ce réflexe peut coûter très cher.
L'abus de biens sociaux est le fait, pour un dirigeant (gérant d'EURL, président de SASU), d'utiliser les biens, le crédit ou les pouvoirs de sa société dans un intérêt personnel, contraire à l'intérêt social. La loi le punit de cinq ans de prison et 375 000 euros d'amende.
Beaucoup d'indépendants qui créent une société pour sortir du portage salarial découvrent cette notion trop tard, souvent au moment d'un contrôle fiscal ou d'une mésentente entre associés. Voici ce qu'il faut savoir avant de confondre trésorerie d'entreprise et compte personnel.
Ce délit vient du Code de commerce, qui vise spécifiquement les sociétés commerciales. L'article L241-3 concerne les gérants de SARL et d'EURL, tandis que l'article L242-6 s'applique aux dirigeants de SA et de SASU. Les deux textes posent exactement la même logique : le dirigeant ne peut pas traiter le patrimoine de sa société comme le sien. Avant la création de ces articles, on parlait simplement d'abus de confiance. Le législateur a voulu un cadre propre aux sociétés, pour responsabiliser des dirigeants qui gèrent l'argent d'autrui, même quand cet autrui n'est qu'une société unipersonnelle.
Une précision surprend souvent les gérants d'EURL ou présidents de SASU associé unique : être seul actionnaire ne change rien. La société a sa propre personnalité juridique, distincte de celle de son dirigeant. Payer ses impôts personnels avec le compte pro, ou faire financer des travaux chez soi par l'entreprise, reste un abus de biens sociaux même si vous êtes l'unique associé.
Trois éléments doivent être réunis pour qu'un juge retienne l'abus de biens sociaux : un acte d'usage des biens, du crédit ou des pouvoirs de la société ; un usage contraire à l'intérêt social de l'entreprise ; et un intérêt personnel, direct ou indirect, recherché par le dirigeant. Sans ces trois conditions réunies, il n'y a pas de délit, seulement une mauvaise gestion ou une erreur comptable.
L'intérêt social, justement, mérite un mot. Les juges l'apprécient au moment des faits, pas avec le recul. Un investissement risqué qui tourne mal n'est pas automatiquement un abus, à condition qu'il ait été décidé dans l'intérêt de la société et pas pour favoriser le dirigeant lui-même. C'est la frontière entre une décision de gestion maladroite et une infraction pénale.
L'intérêt personnel, lui, peut être financier (de l'argent qui finit dans la poche du dirigeant) ou simplement moral (favoriser un proche, soigner son image). Les deux comptent devant un tribunal.
Un dirigeant reconnu coupable d'abus de biens sociaux risque jusqu'à cinq ans d'emprisonnement et 375 000 euros d'amende, quel que soit le statut (EURL, SASU, SARL ou SA). Ces peines, fixées par les articles L241-3 et L242-6 du Code de commerce, s'appliquent toujours en 2026 et peuvent s'accompagner d'une interdiction de gérer.
Le tribunal peut aussi prononcer une interdiction de diriger, gérer ou administrer une entreprise, pour une durée allant jusqu'à quinze ans dans les cas les plus graves. S'ajoute souvent une condamnation civile : le dirigeant doit rembourser les sommes détournées à la société, parfois avec des intérêts. Pour un indépendant qui a quitté un poste de salarié pour se lancer, la double peine financière et professionnelle peut être brutale. La fiche officielle sur la responsabilité civile et pénale du dirigeant détaille bien cette distinction entre les deux types de condamnation.
| Statut du dirigeant | Texte applicable | Peine de prison maximale | Amende maximale |
|---|---|---|---|
| Gérant de SARL ou d'EURL | Article L241-3 du Code de commerce | 5 ans | 375 000 € |
| Président ou dirigeant de SA et SASU | Article L242-6 du Code de commerce | 5 ans | 375 000 € |
| Micro-entrepreneur, entreprise individuelle | Non concerné (pas de patrimoine social distinct) | - | - |
Ce tableau explique pourquoi les micro-entrepreneurs et entreprises individuelles échappent à ce risque précis : sans société dotée d'une personnalité morale distincte, il n'y a pas de « biens sociaux » à détourner. En savoir plus sur les textes exacts sur Legifrance.
Dans la pratique, l'abus de biens sociaux prend des formes très banales : notes de frais personnelles payées par l'entreprise, loyer d'un logement privé réglé par la société, avances de trésorerie jamais remboursées, ou embauche fictive d'un conjoint qui ne travaille pas réellement. Ce ne sont pas des montages sophistiqués. Ce sont souvent de petites habitudes qui s'installent, trimestre après trimestre.
Prenons Karim, gérant d'une EURL de développement web. Il fait réparer sa voiture personnelle avec la carte bancaire de l'entreprise, « en attendant de rembourser ». Trois ans plus tard, un contrôle URSSAF découvre 8 000 euros de dépenses de ce type jamais régularisées. Le fisc requalifie ces sommes en revenus, avec pénalités, et l'expert-comptable alerte sur un risque pénal si la situation n'est pas corrigée immédiatement.
À l'inverse, financer une formation professionnelle, acheter du matériel utile à l'activité, ou se verser une rémunération dans les règles ne pose aucun problème : ces dépenses servent l'intérêt social, même si elles profitent indirectement au dirigeant.
Pour écarter tout risque d'abus de biens sociaux, un dirigeant doit séparer strictement ses comptes personnels et professionnels, justifier chaque dépense par une facture ou un objet professionnel réel, se verser une rémunération ou des dividendes formalisés, et documenter ses décisions de gestion importantes. Ces quatre réflexes suffisent à couvrir l'immense majorité des situations à risque.
Il existe aussi une solution plus radicale pour qui ne veut tout simplement pas porter cette responsabilité pénale de dirigeant : revenir vers le portage salarial. En devenant salarié porté plutôt que gérant ou président, l'indépendant transfère la gestion administrative, comptable et juridique à une société de portage, et disparaît du champ d'application de ces articles du Code de commerce. Plus de biens sociaux à gérer, donc plus de risque d'abus.
Pour comparer les deux options en détail, l'article sur la définition et la fiscalité de l'EURL et celui consacré à tout savoir sur le statut SASU donnent une vision complète des obligations qui pèsent sur un dirigeant. Ceux qui hésitent encore entre créer une société et rester en portage peuvent aussi utiliser le simulateur de salaire en portage salarial pour comparer le net perçu, sans les tracas de la gestion d'entreprise. Pour rappel, Weepo accompagne justement les indépendants qui préfèrent se concentrer sur leurs missions plutôt que sur la paperasse de dirigeant.
Seul un dirigeant de droit ou de fait d'une société commerciale (SARL, EURL, SA, SASU) peut être poursuivi. Un simple salarié, même avec des responsabilités, n'est pas concerné par ce délit spécifique, même s'il peut être poursuivi pour vol ou abus de confiance dans d'autres cas.
L'abus de confiance, défini par le Code pénal, s'applique à toute personne qui détourne un bien qui lui a été confié. L'abus de biens sociaux est une infraction spécifique aux dirigeants de sociétés commerciales, avec ses propres règles de prescription et de poursuite, prévues par le Code de commerce.
Non. L'entreprise individuelle et le régime de la micro-entreprise n'ont pas de personnalité morale distincte de celle de l'entrepreneur. Il n'existe donc pas de « biens sociaux » séparés à détourner, puisque le patrimoine de l'entreprise et celui de l'entrepreneur se confondent juridiquement.
La défense repose souvent sur la preuve que la dépense servait l'intérêt social, même indirectement, ou que l'absence d'intérêt personnel du dirigeant peut être démontrée. Un avocat en droit pénal des affaires et une reconstitution comptable précise sont presque toujours nécessaires face à ce type de poursuite.
Oui, pour cette infraction précise. Un salarié porté n'est ni gérant ni président d'une société commerciale au sens du Code de commerce : il est employé par la société de portage. Il ne peut donc pas être poursuivi pour abus de biens sociaux, puisque cette qualité de dirigeant lui fait défaut.
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Responsable Marketing & Communication chez Weepo, je suis passionnée par l'animation du réseau et l'accompagnement de nos consultants. J'organise des événements parisiens et accompagne nos équipes régionales pour créer des moments d'échange enrichissants dans l'écosystème du portage salarial.
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